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La palette des 216 couleurs web-safe représente les couleurs que l’on est assuré de retrouver telles quelles sur toutes les plates-formes. À l’instar de ce qui se fait sur les couleurs, je vais ici traiter des polices de caractères.

Confusions

Le transport des polices d’une plate-forme à l’autre est bien connu comme délicat ; il est d’autant plus étonnant de ne pas avoir encore de vraie réponse (nous verrons plus bas les multiples propositions existantes). Les divers obstacles rencontrés lorsque l’on veut résoudre ce problème sont de plusieurs ordres :

Proposition

Comme expliqué plus haut, il n’y a pas de solution miracle. Ce que je propose tiens en peu de choses.

Préalables

Avant tout, être raisonnable. c’est-à-dire ne pas vouloir reproduire des schémas « papier » sur la Toile. La Toile a ses imperfections, ses avantages (universalité), ses limitations (notamment en bande passante). Concrètement, cela veut dire qu’il faut éviter les images pour les polices. On peut faire pas mal de choses avec des balises, et plus encore avec des CSS. Quant à ce qu’on ne peut faire ni avec l’un, ni avec l’autre, il faut se demander si c’est vraiment nécessaire en regard des problèmes que ça pose (pas de sémantique et encore moins d’accessibilité, alourdissement de la page et de la mise à jour…). En dernier recours, vous pouvez utiliser les images, mais ce n’est pas de ça que je parlerai ici.

Ensuite, inventorier les plates-formes que l’ont veut voir supportées. Les plus évidentes (et celles que nous choisirons) sont : Windows, Macintosh et Unix (ce qui comprend aussi Linux et *BSD ; à ce propos, nous considérerons Mac OS X comme un Macintosh, pas comme un *BSD). Je laisse volontairement de côté les architectures plus rares comme Amiga (QNX et Atheos se comportent comme des Unix), si vous avez des informations à ajouter sur les architectures exotiques (ainsi que les produits nomades), dites-le moi.

En troisième lieu, il faut choisir la bonne nomenclature. Il en existe plusieurs, de rigueur variable, mais seules sont acceptées de manière internationale la Vox-AtypI et la W3C. Comme on ne peut creuser avec un balai, on ne peut travailler sur les polices Web avec une nomenclature associée à la typographie classique (du moins en l’état actuel, CSS3 étant prometteuse sur ce point). Nous prendrons donc la nomenclature du W3C, certes moins détaillée, mais plus adaptée au Web d’aujourd’hui.

Les polices généralistes du W3C
cursive -- Lorem ipsum dolor sit amet
fantasy -- Lorem ipsum dolor sit amet
monospace -- Lorem ipsum dolor sit amet
sans-serif -- Lorem ipsum dolor sit amet
serif -- Lorem ipsum dolor sit amet

Si vous vous demandez d’où vient ce « Lorem Ipsum », la réponse mérite bien un site web.

Notez que l’apparence de ces cinq polices peut varier d’un ordinateur à l’autre (particulièrement d’un système d’exploitation à l’autre). La raison en est simple : ce ne sont pas de vraies polices, juste des indications pour choisir (automatiquement) quelle police afficher.

Revue des polices

On peut désormais s’attaquer au corps de l’ouvrage, la collecte d’information sur la fréquence d’installation des polices sur les systèmes. C’est le domaine où j’ai le plus besoin d’aide, n’ayant qu’un Windows virtuel (Virtual PC) et aucune machine Unix à ma disposition (enfin, pas facilement).

D’une manière générale, considérez que les polices Windows fréquentes se trouvent aussi sur Mac et inversement, Unix en étant dépourvu.

Voici un début de tri :

Polices installées par défaut sur les systèmes
(Windows|Mac OS X) + Office
Andale Mono
Arial
Arial Black
Arial Narrow
Book Antiqua
Bookman Old Style
Century Gothic
Comic Sans MS
Courier New
Garamond
Georgia
Haettenschweiler
Impact
Lucida Handwriting
Modern
Monotype Corsiva
Symbol (préférer une police Unicode sérif)
Tahoma
Times New Roman
Trebuchet MS (pas sûr)
Verdana
WebDings (WebDings)
WingDings (WingDings)

L’heure du choix

  1. Vous devriez avoir au moins cinq styles de police prédéfinis, un pour chaque style W3C.
  2. À chaque fois, choisissez cinq polices (ce qui nous fait un total de vingt-cinq) :
    1. préférée
    2. Macintosh
    3. Windows
    4. Unix
    5. W3C

Commencez toujours par la préférée. Il y a peu de chance que quelqu’un l’ait (à moins qu’elle soit fréquente) mais c’est quand même l’objectif de votre travail, d’afficher celle que vous aimer (et puis, si l’utilisateur télécharge une police, ce sera celle-là.

L’ordre des polices par système n’est pas anodin : d’abord, je travaille sur Mac, c’est donc les polices Mac que je connais le mieux. Ensuite, le Mac est la machine préférée des graphistes et par là-même à l’une des meilleures fonthotèque par défaut. Windows est moyen, quant à Unix, il est notoirement peu doté.

Quelques conseils

Les critères

Taille et œil

Addendum par Thomas Linard

Toutes les polices d’une taille (corps : 9, 12, 14…) donnée ont la même taille, puisque la « taille », ou force de corps, mesure la hauteur de la ligne (pour simplifier). Quand on crie sur la « taille » de Verdana, on parle en fait de :

Ces valeurs varient beaucoup, mais on ne les mesure habituellement pas.

Sur Verdana, la police triche un peu, puisqu’elle mord sur l’espace normalment réservé au talus supérieur et effectivement les oeils de la famille Nina-Tahoma-Verdana1 sont gros.

Le problème vient aussi de l’absence de support de la propriété CSS font-size-adjust.

  1. Nina est la version condensée de Tahoma et Verdana sa version étendue.

Quand vous choisissez une police, les trois critères qui me semblent les plus importants (outre ce dont j’ai parlé dans la section précédente) sont :

Unicode

Addendum par Thomas Linard

Unicode est la norme qui devait remplacer toutes les autres (ASCII, 8859-15 mais aussi CKJ, arabe, cherokee…) et du coup, Unicode inclut dans son codage des caractères qui ne sont en fait que des glyphes, mais c'est parce qu'un codage de caractères les avait inclus précédemment (par exemple, les romains pleine longueur du CKJ).

Considérations sur quelques polices
Au fait !
  1. Pour des exercices bien particuliers, Zapfino et Edwardian Script ITC sont superbes mais aussi exclusives, car non-standards.
  2. Ma favorite est Monaco, l’une des rares polices à chasse fixe à avoir quelques rondeurs. Mais elle n’est disponible que sous Mac… Courier New est plus gros que Courier (trop gros, à mon goût).
  3. Optima (Mac) est une superbe police qui peut s’employer pour du corps de texte, car elle est très aérée. Optima (Mac) reste ma préférée, c’est l’une des rares polices sans empattement qui soit un régal à lire en corps de texte (je remercie Camino de me l’avoir fait découvrir). Malheureusement, cette police ne contient pas certains caractères que j’utilise (les  šumniki slovènes).
    Trebuchet MS étant disponible sur les deux plate-formes, je n’ai pas mis une valeur Mac et une Windows. De toute manière, les navigateurs prendront soit Arial, soit Helvetica comme valeur sans-serif par défaut.
  4. Didot (Mac) est très belle sur le papier… mais pas sur le Web, où je lui préfère Garamond ou Baskerville (cette dernière ayant des petits problèmes d’espacement avec les :first-letter).

Quelques liens

Contact • Mise à jour : 23-oct-04 Optimisé pour tous les navigateursXHTML 1.1 & CSS 2 valides