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Ce texte a été posté par Ska sur la liste de discussion Empyrée le 14 mai 2001, suite à une discussion sur la raison pour laquelle les loups-garous ont « moins de succès » que les vampires.


Le Vampire tout comme la Sorciere sont des symboles psychosexuels très puissants…

Le Vampire plus encore que la Sorcière, car toute l’imagerie du vampire est fondamentalement sexuelle. Le roman de Bram Stoker est une petite merveille de sensualité exprimée sous forme quasi-mystique, qui passe plus ou moins la censure
Il suffit d’examiner le vocabulaire utilisé pour s’en convaincre : le baiser, l’étreinte, la possession… ainsi que les notions de plaisir de la morsure, de consentement de la victime, de don de fluide vital, tout ça. Aujourd’hui encore, chez certains lifestylers, la métaphore vampirique est un moyen à peine détourné d’exprimer une sexualité non assumée.

À côté de cela, l’imagerie du loup-garou fait pâle figure. On n’y voit qu’une bête brute, un sale monstre bourrin — et laid, en plus — qui se réveille à la pleine lune et éventre tout ce qui bouge, de préférence en faisant gicler des tripes le plus loin possible. La faute en incombe beaucoup aux films d’horreur de série B du milieu du XX ème siècle, à mon sens. On avait déjà les méchants stylés, les vampires, alors on a fait les méchants affreux, les loups-garous.

Pourtant, si le thème avait été traité autrement, la symbolique initiale du loup-garou aurait pu être conservée. Car le loup-garou est aussi, à la base, un symbole sexuel très puissant : c’est l’appel de la nature, l’instinct primal, farouche, incontrôlable, qui sommeille en chaque être humain, et soumis à un cycle naturel — le cycle lunaire, ce n’est pas un hasard —, et quand cet instinct se réveille, sa puissance n’a pas de limites, et donne libre cours à toutes les forces animales de la nature.

Et il y a eu des gens pour interpréter ces forces comme de la violence gratuite, comme quelque chose de maléfique, alors qu’il ne s’agit au départ que d’énergie sexuelle, sauvage certes, mais positive. Bouh.

Je suis moi-même entièrement humain, et plutôt scientifique-cartésien dans mon caractère et ma formation ; mais s’il est un phénomène surnaturel, ou du moins inexpliqué, auquel je suis sensible, c’est la pleine lune. Je pourrais vivre enfermé dans une cave de spéléologie pendant des mois, coupé du monde ; quand la lune est pleine et éclaire le monde de sa splendeur entière, je le sais. Je le ressens. Nul besoin de calendrier. Et mes regards deviennent encore un peu plus lubriques que d’habitude ;)

Ska, homme-garou

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Dernière modification le 10 juin 2001.

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